L’art du climax

Climax est un terme emprunté à la science et a le mérite d’être parlant. Tout bon récit offre au lecteur des moments où culminent à tour de rôle l’émotion et l’action. Ces moments de progression vers un sommet donnent du rythme au récit. Si vous écrivez un roman, pensez en fonction de plusieurs climax. La nouvelle se concentre sur une péripétie.

Marc Fisher (Le millionnaire, Le livre de ma femme, La coiffeuse de Dieu…) a fait la promotion de l’alternance des valeurs positives et négatives : des circonstances rapprocheront le héros de sa quête, un autre jeu de circonstances l’en éloigneront. Des moments de tension se bâtissent, des climax se fabriquent pour ces péripéties ou situations.

Vous comprendrez qu’un auteur doit doser les moments d’intensité. Il n’existe pas vraiment de règle à ce sujet, un récit de guerre ne ressemble pas à une séparation amoureuse (pas sur tous les terrains, du moins). Mettez-vous toujours à la place du lecteur : s’il risque de dire « Holà, il ne faut pas charrier », alors vous en mettez trop. Seule l’autobiographie pourra échapper à ce genre de jugement.

Pour bien construire un crescendo, vous surveillerez certains points :

  • Le calme avant la tempête aidera à régler le lecteur sur un rythme sans surprise, avant que vous le déroutiez.
  • Les premiers indices qu’une situation se prépare, qu’un coup se trame sont semés assez rapidement. Alors le lecteur se mobilise, il reconnaît les codes. Il ressent déjà une tension. Cette mobilisation est très importante à cultiver la réceptivité.
  • L’enchaînement des étapes doit être clair et permettre au lecteur de suivre l’action et de saisir rapidement les effets de concomitance et les conséquences. À ce stade, le lecteur puise dans son expérience personnelle pour se faire des images mentales. Si le lecteur ne peut se baser sur des codes familiers (n’ayant pas vécu lui-même une mort imminente, par exemple), la précision lexicale aura d’autant plus d’importance.
  • Le climax est atteint lorsque l’auteur n’a plus rien de superlatif à ajouter au drame. Il aura exploité les possibilités et les conclusions dans toutes leurs dimensions, il aura capitalisé sur l’empathie ou l’antipathie du lecteur pour les protagonistes.
  • L’auteur pourra déposer le lecteur doucement après un tel moment, l’accompagnant pour le ramener à un état de réflexion… Il revient mentalement sur les faits, il participe. Ou alors, l’auteur peut clore son chapitre sur cet scène catastrophique et laisser le lecteur dans un état fébrile, à se demander ce qui arrive du héros.

Savoir créer un climax demande de la pratique. Préparez la scène, déployez les éléments, pensez aux conclusions.

Votre défi : En 300 mots, racontez un accident de la route auquel vous venez d’assister.

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